< Toute chose vers le néant s'en va, vieillit et râle et trouve le trépas : l'Homme expire, le fer rouille, le bois pourrit, les murs croulent et le rosier se défleurit. Même les noms sombreraient dans l'oubli, s'ils ne figuraient dans les livres : sans la plume qui nous les livre, l'Homme n'est rien que vent coulis > .... { Master WACE, Chronique des ducs normands. }
30 Décembre 2012
Que nous dit la quatrième de couverture ?
<< Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. >>
Mon avis :
Que dire à part que je n'ai été qu'une énième lectrice tombée sous le charme de ce livre. Ayant vu le film il y a quelques mois, j'ai mis du temps à me laisser attirer par la version romanesque jugeant qu'il était préférable de laisser le temps estomper mes souvenirs pour avoir l'impression de découvrir cette intrigue si émouvante pour la première fois.
Kathryn Stockett nous emmène donc en 1962 à Jackson, dans le Mississippi où à l'époque, intolérance et racisme battent leur plein. La narration est menée à travers trois voix. Celles d'Aibileen et de Minny; des femmes fortes et entières qui offrent leur témoignage à tour de rôle, relatant la vie routinière d'une "bonne noire" travaillant chez les "blancs". La troisième voix est celle de Miss Skeeter, jeune journaliste célibataire de bonne famille, fraîchement diplômée et faisant tâche au milieu de toutes ses amies, celles-ci n'ayant presque fréquenté l'université que pour faire la rencontre d'un bon parti, menant aujourd'hui une vie bien rangée et passant leur temps à compter leurs pièces d'argenterie et à se plaindre de leur bonnes tour à tour en les accablant de toutes sortes de reproches.
Alors que le déferlement de la violence envers les afro-américains se manifeste au quotidien, Miss Skeeter entreprend une tâche courageuse et enthousiaste, véhiculer un message, une sorte d'appel à la conscience à travers la publication de témoignages de ces femmes noires si honteusement lésées et malmenées des générations durant.
"La couleur des sentiments" est un livre qui offre au lecteur toute une palette d'émotions et dont la simplicité rend la lecture d'autant plus agréable. Les personnages sont vrais et attachants; la lutte quotidienne et silencieuse chez certains suscite la révolte et la compassion, tandis que le vice chez d'autres en est abasourdissant et rend compte de l'évolution qu'ont connue les mentalités en à peine un demi siècle. Une vraie leçon de tolérance ...
Kathryn Stokett, à plusieurs reprises, a cité un livre (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee), -qui, d'après les avis publiés sur la toile, a séduit bon nombre de lecteurs et que je vais découvrir très prochainement- et une musique (The times they are a-changin' de Bob Dylan), que je vous ai glissé dans la playlist ci-dessous.
Tous mes vœux, à l'avance, pour la nouvelle année et bonne soirée en musique!
Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain 2013
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